Trois questions à Bernard Vatier, secrétaire général de la Conférence internationale des barreaux (CIB).

Qu’est-ce que la Conférence internationale des barreaux et quel est son rôle ?

La Conférence internationale des barreaux (CIB) a été créée en 1985 et rassemble des barreaux de tradition juridique commune, c’est-à-dire essentiellement ceux qui partagent la culture juridique dite « napoléonienne ». Elle réunit des barreaux de 45 pays, essentiellement francophones qui vont du Québec au Vietnam. L’institution est peu connue en France, mais sa notoriété sur le continent africain est importante, car la CIB vit des échanges entre les barreaux et vient au soutien des plus vulnérables. Pour ces barreaux, l’appui de la communauté internationale est fondamental et c’est ce que le CIB essaye de leur apporter, en veillant à la défense de la défense. Lorsque nous tenons nos congrès en Afrique, nous sommes souvent reçus par les chefs d’État, ce qui témoigne de l’importance de l’institution.

Le prochain congrès se tiendra justement du 4 au 6 décembre prochain au Tchad. Pourquoi ce choix ?

Notre congrès se tient au Tchad pour la première fois. Dans ce pays, le barreau est très jeune. Il  a seulement 20 ans et compte 200 avocats pour une population de 15 millions d’habitants. Le CIB en tenant son congrès ­– qui sera d’ailleurs inauguré par le président du Tchad – affirme son devoir de solidarité avec les avocats tchadiens. J’ajoute de surcroît, qu’il est important que la conférence, qui rassemble les tenants de la culture du droit écrit, manifeste par sa présence la vigueur du droit continental et la force de la francophonie face au droit anglo-saxon en contribuant ainsi à la diversité culturelle.

Quel sera le thème de ce congrès ?

Le Tchad est un pays en crise, en proie au terrorisme. Le thème de notre congrès sera donc « Avocats, justice et sécurités », qui reprend le thème universel de la liberté confronté à la sécurité. Mais nos réflexions ne porteront pas seulement sur les entraves physiques aux libertés. Elle porteront sur la protection des libertés individuelles face aux attaques modernes et insidieuses issues de la numérisation de l’information et des réseaux sociaux. Ce problème général concerne toutes les nations alors que les pays africains ont réalisé, peut-être mieux que les vieilles démocraties, un véritable « saut technologique ». Nous travaillons d’ailleurs sur la circulation de la monnaie virtuelle et sa traçabilité et sur la mise en place de modèles, inspirés des CARPA, qui pourraient, en garantissant la représentation des fonds, permettre aux avocats d’assurer les obligations de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment.

 

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