À quelques jours du congrès de l’ace, interview avec sa présidente. Le thème de votre congrès annuel 2019 est Intelligence Avocat, est-ce à dire que l’ACE est bien armée face au développement des nouvelles technologies et des Legaltechs ?

Nous sommes prêts. La profession a beaucoup évolué, mûri ces dernières années. Notamment depuis que les avocats ont la possibilité de s’associer avec d’autres structures au sein d’une même société et qu’ils ont la possibilité de développer des activités commerciales, de manière accessoire. Nous avons également bénéficié du lancement des incubateurs par les barreaux, réunis au sein du Réseau national des incubateurs des barreaux. C’est à nous de jouer maintenant. L’intelligence artificielle est un outil à notre service. C’est aux avocats de s’en saisir avec intelligence pour atteindre l’excellence.

Dans le numéro de juillet de la revue de l’ACE, un dossier est consacré à l’avocat en entreprise. Pourquoi ce choix ?

Cela fait des années que des débats sont consacrés à ce sujet et que des propositions sont faites. L’originalité du rapport Gauvain est de surfer sur la vague de la guerre économique que nous a déclarée le président des états-Unis. Il tire ainsi la sonnette d’alarme face au Cloud Act américain et propose des solutions pour protéger les entreprises françaises des lois et mesures à portée extra-territoriale. Notre profession a beaucoup évolué sur ce sujet et les crispations sont moins fortes désormais. L’avocat en entreprise respectera les ordres et la déontologie des avocats. Et nous n’imaginons pas que cette réforme puisse se faire sans réformer les passerelles, les voies d’accès à notre profession.

Comment vos membres accueillent-ils la réforme de la retraite en cours ?

Ils étaient présents parmi les manifestants le 16 septembre dernier. Nous représentons le barreau des affaires et nous avons parmi nos membres des petites et des grandes structures. Chose assez rare pour être soulevée : cette réforme fait l’unanimité contre elle, quel que soit le mode d’exercice, la taille des structures. Outre le fait que nous allons perdre notre autonomie, l’ACE pointe du doigt les problématiques liées aux seuils. Avec un taux de cotisation des avocats qui passerait de 14 % à 28 % pour les faibles d’entre nous dont le revenu annuel n’excède pas 40 000 euros. Nous avons également un problème avec le système de plafonnement qui est annoncé. Enfin quel sera le traitement et l’affectation de nos réserves qui s’élèvent à deux milliards d’euros ?

 

« Pour signaler un contenu indésirable ou illicite, nous vous invitons à nous contacter à l'adresse suivante : contact@droit-patrimoine.fr. »