L’avocat aixois Philippe Bruzzo a été élu le 4 juin bâtonnier du barreau d’Aix-en-Provence pour les années 2020 et 2021. Interview d’un professionnel assez atypique.

Le barreau d’Aix-en-Provence vient de vous élire en tant que futur bâtonnier, quel type d’avocat êtes vous ?

La tradition à Aix-en-Provence était plutôt d’élire un avocat tourné vers le judiciaire et d’opter pour une personne avec un profil de vieux sage susceptible de gérer tous les types de situations. Je suis l’exception qui confirme la règle ! Mais cela ne m’a pas empêché, avec 489 voix en ma faveur sur les 619 exprimées, de faire partie des bâtonniers les mieux élus de mon barreau.

Inscrit au barreau d’Aix-en-Provence depuis 1994, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure d’un nouveau cabinet, il y a 4 ans, avec un associé âgé de 30 ans, Cédric Dubucq. J’ai clairement fait le pari de la jeunesse et de la modernité malgré mon âge (il a 52 ans aujourd’hui, NDLR). Du coup, nous sommes spécialisés en droit des affaires et nous n’hésitons pas à développer des niches prometteuses. Le cabinet a ainsi ouvert récemment un département Afrique afin d’accompagner l’internationalisation croissante du monde des affaires. Nous épaulons également notre clientèle sur des questions transversales liées aux nouvelles technologies, et notamment les entreprises qui utilisent la blockchain, l’IA, et celles souhaitant être conseillées dans le cadre de leur levée de fonds en crypto-monnaie. À noter également le lancement, au sein de notre cabinet, d’une clinique du droit des affaires ouverte à tous et notamment aux startuppers.

Que vous évoque le débat autour de l’avocat en entreprise ?

C’est une question qui revient à l’ordre du jour depuis des années. Et qui fait toujours autant débats. En France, la création du statut d’avocat en entreprise se heurte aux règles de la profession concernant le secret professionnel, la confidentialité. Avec une question récurrente : ce professionnel peut-il se défaire de l’autorité, de la mainmise naturelle du chef d’entreprise ? Mon sentiment personnel est que l’évolution de notre profession va nous orienter un peu vers le système anglo saxon. Il est temps de trouver une solution pratique et pragmatique pour éviter de nous faire perdre des parts de marché.

L’interprofessionnalité est également nécessaire selon vous ?

Les avocats ont beaucoup évolué sur ce sujet. Les collaborations sont désormais possibles et des passerelles contractuelles existent. Et force est de constater que l’interprofessionnalité est d’une efficacité redoutable.

Mon cabinet, à titre d’exemple, travaille avec un certain nombre d’experts-comptables mais aussi avec les administrateurs judiciaires notamment dans le cadre de procédures préventives. L’interprofessionnalité au quotidien se passe bien. Chacun doit garder ses domaines, ses compétences. Il y aura une part de gâteau pour tout le monde. Car le gâteau n’est pas si petit que ça.

 

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