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3 questions à la présidente de l'Union internationale des avocats

Par DROIT&PATRIMOINE

Le 31 octobre 2016, Laurence Bory a pris la présidence de l’Union internationale des avocats (UIA) pour une année. Elle est la première femme à présider l’association.

D&P : Quel est votre programme ?
L. B. : Mon programme s’inscrit dans la continuité de mes prédécesseurs, si ce n’est que je vais donner une touche un peu plus féminine. Tout d’abord, je continuerai à défendre les avocats en danger, car lorsque ces derniers sont menacés, il n’y a pas d’État de droit. Ensuite, je ferai tout mon possible pour que l’accès à la justice pour tous s’améliore, notamment pour les femmes, car partout dans le monde c’est un énorme problème. Par exemple, aux États-Unis, près de 80 % de la population n’a pas accès à la justice en matière civile faute de moyens financiers. Enfin, je me préoccuperai de l’indépendance des avocats, mais aussi des magistrats, car dans de nombreux pays, comme par exemple en ce moment en Turquie ou en Chine, ces derniers sont soumis à de très fortes pressions, sans parler de tous ceux qui sont emprisonnés simplement parce qu’ils exercent leur métier comme ils le doivent. En outre, les tensions que nous ressentons actuellement partout dans le monde, y compris en France, ne vont pas dans le bon sens. En effet, les principes qui devraient être définitivement acquis, comme celui de l’État de droit, sont malheureusement remis en cause, notamment sous prétexte d’état d’urgence. Les autorités utilisent trop souvent le prétexte de l’intérêt général pour diminuer les libertés individuelles, ce qui est une porte ouverte à toutes les dérives.

D&P : Vous évoquiez la question de l’accès au droit. En France, de plus en plus d’avocats reconnaissent qu’ils n’auraient pas les moyens eux-mêmes de payer leurs propres honoraires. Est-ce un phénomène mondial ?
L. B. : Non, il existe des pays dans lesquels les avocats coûtent moins cher, mais dans la majorité d’entre eux, notamment en Europe, l’accès facile à la justice que nous connaissions est mis à mal. En effet, le pouvoir d’achat des gens a tendance à diminuer, ce qui limite bien évidemment leur possibilité d’accéder à la justice. Or il n’est pas concevable d’avoir une justice à deux vitesses dans laquelle seules les personnes riches pourraient être assistées par des avocats. Face à ce phénomène, je crois que la médiation est appelée à se développer car, bien menée, elle permet de trouver des solutions plus rapides et à moindre coût. Par ailleurs, l’apparition d’une offre de conseils juridiques en ligne peut sembler à première vue très intéressante, car peu onéreuse, mais les conseils reçus n’offrent, en tous cas pour l’instant, pas de service véritablement personnalisé.

D&P : L’UIA fêtera ses 90 ans en 2017, les valeurs à l’origine de sa création sont-elles les mêmes aujourd’hui ?
L. B. : Oui et non. Oui dans le sens où l’UIA défend toujours l’État de droit, les droits de l’Homme, la justice et la solidarité. Non, car l’UIA se préoccupe aujourd’hui aussi des questions d’égalité hommes-femmes, ce qui n’était pas le cas au moment de sa création. La proportion de femmes exerçant la profession d’avocat a certes beaucoup augmenté, mais au niveau des associés dans les cabinets, il y a encore du chemin à parcourir. D’autre part, lorsque l’UIA a été créée, au lendemain de la première guerre mondiale, le droit international n’en était qu’à ses balbutiements et la vie des gens était peu impactée par ce qui se passait ailleurs. Aujourd’hui, les problèmes juridiques que rencontrent les gens comportent de plus en plus d’éléments d’extranéité. Ils achètent des produits étrangers, voyagent aux quatre coins du monde, bref, peuvent être confrontés à des questions de droit international. Les avocats doivent ainsi acquérir une formation plus large que celle de leur seul droit national, ce que l’UIA leur offre. En outre, l’UIA intervient en amont, au moment de l’élaboration de règles et de traités par les organisations intergouvernementales telles que, par exemple, l’Organisation mondiale du commerce ou l’Organisation internationale du travail.

Propos recueillis par Clémentine Delzanno




Interview publiée dans Dr. & patr. l'Hebdo 2016, n° 1077 (14 nov. 2016)

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