Trois questions à Aude Fonlupt


La vente record d’un tableau de Léonard de Vinci a eu beaucoup d’échos. Commissaire-priseur, Aude Fonlupt fait le point sur le marché de l’art.

Comment expliquez-vous la vente record (450 millions de dollars) du tableau Salvator Mundi de Léonard de Vinci ?

Il existe trois facteurs importants pour expliquer cette vente historique. Tout d’abord, Léonard de Vinci est un artiste universel. Ensuite, il faut prendre en compte le phénomène de rareté ; moins d’une vingtaine de tableaux dans le monde a été authentifiée de la main de l’artiste et Salvator Mundi restait le seul à être encore dans la sphère privée. Sa vente était donc la dernière occasion d’acquérir un tableau de Léonard de Vinci. Enfin, le marché de l’art est devenu le terrain de jeu de nouveaux acteurs : grandes fortunes ou institutions muséales venant des pays émergent, et, depuis peu, des fonds d’investissement spécialisés. Tous ces acteurs sont capables de mobiliser des centaines de millions d’euros sur une poignée d’œuvres iconiques.

Qu’elles ont été les principales évolutions du marché de l’art en 2017 ?

Cela fait une dizaine d’années que chaque vente d’une œuvre de prestige se termine par un nouveau record. En effet, les collectionneurs et les investisseurs, sont disposés à mettre le prix. En particulier, certains marchés prennent un essor inédit : photo, bande dessinée ou encore street art sont en vogue. Ces deux dernières catégories, moins élitistes, attirent de nouveaux collectionneurs. Autres secteurs en expansion : l’art africain contemporain et l’art aborigène, qui conquièrent chaque année de nouveaux publics.

Comment voyez-vous ce marché en 2018 ?

2018 sera probablement émaillée de nouveaux records de vente. Le marché de l’art sera l’arène où se livreront des batailles d’enchères entre grandes fortunes, fonds d’investissement et institutions muséales. Concernant l’art contemporain, de nouveaux artistes feront sans aucun doute des entrées remarquées. On peut citer l’artiste nigériane Njideka Akunyili Crosby, qui, encore inconnue sur le marché des enchères il y a deux ans, compte d’ores et déjà trois oeuvres adjugées au-dessus du million d’euros. Mon conseil pour les collectionneurs qui souhaitent investir en 2018 : privilégier la qualité à la quantité, être particulièrement sélectif dans ses choix et surtout ne pas hésiter à se faire conseiller par des professionnels.

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